Mes photos de concert désormais sous licence Creative Commons + option d’achat en « Name Your Price »

David TréflexionLaisser un commentaire

photos de concert - Depeche Mode

Il y a un peu moins d’un an, j’avais pris la décision de ne plus mettre de filigrane avec mon copyright sur mes photos de concert. Poursuivant ma réflexion sur le sujet, j’ai décidé d’aller beaucoup plus loin en mettant l’essentiel de ma production sous la licence Creative Commons « Attribution – Pas d’utilisation commerciale » et de vendre des tirages ou d’inciter à contribuer à mon activité sur le principe du « name your price » (fixez votre prix). Ce qui signifie que toute personne n’ayant pas en tête de faire du business avec mes photos pourra les récupérer librement sur ce site et en faire bon usage tout en indiquant mon crédit sur le site web ou autre support où il l’utilisera, et sera incité à faire un don symbolique en contrepartie. Mais alors pourquoi donc cette décision et qu’est-ce que cela implique précisément ?

De la valeur relative d’une photo (de concert)

Quelle valeur donne le commun des mortels à des photos de concert aujourd’hui ? Presque aucune. Comme j’avais pu l’écrire dans l’article sur la question du filigrane, la démocratisation des smartphones équipés de capteurs photo sans cesse de meilleure qualité a donné à tout un chacun la sensation de pouvoir faire une bonne photo à tout moment, voire même a donné la sensation à chacun d’être un peu photographe. Je ne vais pas épiloguer sur la légitimité de ce ressenti chez le grand public, mais toute personne un peu sensée sait que ce n’est pas l’appareil qui fait le photographe. Reste que chez beaucoup de gens, des photos mal cadrées, mal exposées, floues, voire même un selfie avec sa tronche au premier plan et un chanteur à peine reconnaissable en arrière plan, sont devenus des souvenirs de concert avec autant de valeur qu’une photo de photographe, et même plus de valeur car prise par soi et non un autre.

A côté de cela, on ne va pas se leurrer, un phénomène à peine différent est à l’oeuvre dans le pit (aka « la fosse à photographes » comme j’ai pu le lire parfois) parmi les photographes accrédités et donc validés pour faire des photos de concert potentiellement dignes de ce nom. Le prix d’entrée d’un matos photo potable n’a cessé de baisser et de permettre à de plus en plus de photographes amateurs de réclamer le droit à l’obtention d’une accréditation pour entrer gratuitement dans une salle de concert et se ramener à peu de frais des souvenirs perso de ses groupes favoris avec le bonus de pouvoir les approcher à moins d’un mètre. La démarche artistique ou professionnelle dans ce cas est très aléatoire.

Quand dans un gros festival d’été on compte plus de 70 photographes dans le pit, qui peut décemment affirmer que tous ont leur place et vont livrer de bonnes et belles photos ? Combien en réalité sur ces 70 ? 10, 15, 20 ? On ne va pas non plus ici faire le débat sur les critères d’une bonne photo ou les critères qui devraient présider à la délivrance d’une accréditation au photographe qui la demande (certains voudraient que seuls les « pros » qui vivent de leurs photos soient accrédités, d’autres leur répondront qu’on peut trouver des pros très moyens pour ne pas dire mauvaid, d’autres encore qu’il est impossible de définir des critères objectifs d’une bonne photo).

En tout cas, si j’admire ceux qui se battent au quotidien pour faire respecter leurs droits au sens le plus strict de ce que prévoit le code de propriété intellectuelle français, on va dire que je trouve le combat perdu d’avance. Comment défendre la valeur d’une photo quand autant de contenus souvent sans saveur sont produits chaque jour avec des pratiques qui évoluent sans cesse sur le web et les réseaux sociaux ? Comment faire alors que même un chanteur ou musicien n’est plus capable de voir où est le problème dans le fait de « piquer » une photo, n’est plus capable de connecter musique et photographie comme des pratiques artistiques connexes ? Comment gagner ce combat quand certains de ceux qui le portent sont les premiers ennemis de la cause qu’ils prétendent défendre : pour grossir le trait, j’ai du mal à regarder un pseudo photographe (un « fauxtographe ») défendre ses droits sur une photo dégueulasse, floue, cramée, ou juste sans âme.

Au final, j’ai surtout l’impression que quelque chose ne tourne plus très rond et qu’il est trop tard pour revenir en arrière. C’est le sens dans lequel évolue la société, qu’on le regrette ou qu’on ne soit pas d’accord avec la direction prise, c’est comme ça. De ce fait, de mon côté je préfère en prendre acte et chercher d’autres moyens de m’exprimer et de diffuser ma production photographique.  Je ne prétends rien faire de révolutionnaire, mais je crois juste que je serai ainsi plus en conformité avec ma vision de la photo de concert.

Ce qui ne change pas : l’usage commercial de mes photos de concert est interdit sans mon accord

Si tu es un artiste ou quelqu’un qui travaille avec un artiste que j’ai photographié, et que tu veux récupérer une photo pour en faire une pochette d’album, pour l’inclure dans un artwork à ta sauce, le mettre dans le booklet d’un CD, pour en faire une affiche promo d’un album, d’un single ou d’une tournée, tu n’es pas autorisé à utiliser la photo sans qu’on se mette d’accord sur les conditions d’un contrat de cessions de droits en bonne et due forme. N’hésite pas à me contacter pour ça.

Ce qui change avec la licence Creative Commons BY-NC

Grosso modo, tant que tu ne fais pas d’usage commercial de mes photos de concert et que tu indiques clairement mon crédit sous la photo, tu peux en faire ce que tu veux. Je vais donc cesser de me faire des noeuds au cerveau dans les cas suivants (liste non-exhaustive) :

  • tu es un fan de l’artiste et tu veux te faire un fond d’écran avec une de mes photos de concert, te faire une image de couverture pour ton réseau social préféré ou même imprimer la photo pour la mettre sur le mur de ta chambre, sur ton frigo etc, etc
  • tu es l’artiste pris en photo et tu veux partager mes photos de concert sur ton Facebook ou ton Instagram
  • tu fais partie du personnel de la salle où ont été prises les photos et tu veux les mettre sur le site web de cette salle, son Facebook ou dans son programme papier de la saison à venir
  • tu bosses chez le label qui gère l’artiste et tu veux utiliser une photo pour faire de la com sur l’événement Facebook d’un autre concert à venir de l’artiste

Pour le crédit à indiquer, sur Facebook et Instagram je t’invite à mettre @danstonconcert comme ça je serai mentionné dans ta publication. Pour Twitter un @davidtabary serait sympa, et sinon ailleurs un simple « crédit : David Tabary » m’ira très bien (n’hésite pas à ajouter un lien hypertexte vers ce site). Bref, suivez l’exemple de Juliette Armanet 😉

https://www.instagram.com/p/Bm-dUoCBGgX/?utm_source=ig_web_button_share_sheet

Name your price : soutenez-moi en payant ce que vous voulez

Dans tous les cas de figure, j’aimerais sensibiliser tous mes visiteurs au fait que la pratique de la photo a un coût (investissement et entretien du matériel pour ne citer que ça) et rapporte peu, tout comme… la production et la réalisation d’un EP ou d’un LP ! 

Ce site dispose désormais d’une boutique en ligne qui vous permettra soit de faire un don symbolique pour soutenir mon activité photo et m’aider à acheter du matériel ou payer l’hébergement de ce site, soit d’acheter un tirage d’art original, numéroté (30 copies maximum peuvent être réalisées d’une photo d’art) et certifié . Si certains tirages seront proposés à des tarifs imposés, la plupart des photos de concert seront proposées sur le principe du « name your price ». A vous de décider combien vous êtes prêts à payer pour un cliché (10€, 25€, 100€, à vous de voir en fonction de vos moyens, de la valeur de la photo pour vous, et du format !)

Les exceptions à l’utilisation de la licence Creative Commons

Appelez ça de la paresse si vous voulez, mais je n’ai pas prévu d’appliquer la licence Creative Commons à mes anciennes publications, ou alors de manière très sélective. C’est aussi parce que ça impliquerait de retrouver les conditions photo de tous les concerts, et de s’interroger sur l’existence d’un contrat dont une clause serait en contradiction avec les termes de la licence. Bon, on est d’accord, on sait ce que valent ces conditions de shoot imposées par mail ou par contrat par les prods ou les labels, mais j’ai pas envie d’avoir à débattre des plombes avec un contact sur l’application de la licence Creative Commons à des photos de concert faites il y a 7 ou 8 ans.

Pour faire simple, seuls les portfolios avec la mention suivante en bas de page sont en  Creative Commons sur ce site :

Licence Creative Commons
Ces photos sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

Ne seront pas concernées :

  • les photos de concert antérieures au 1er septembre 2018 (sauf présence de la mention ci-dessus)
  • les photos de concert réalisées en premier lieu pour d’autres supports que le mien, sauf si j’ai l’accord préalable du responsable
  • les photos de concert réalisées dans le cadre d’une accréditation obtenue en échange de la signature d’un contrat en contradiction avec la licence Creative Commons (même si à court-moyen terme je refuserai purement et simplement de signer ces contrats) 
  • les photos éventuellement réalisées sur commande, là aussi sauf accord du client

 

Photo : Depeche Mode @ Main Square Festival 2018

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