9 malédictions qui frappent les photographes de concert

David TLaisser un commentaire

Marina And The Diamonds

Voici un nouvel article dans la catégorie « humour » sur les photographes de concert et les malédictions qui les affectent. Si vous vous sentez attaqués ou blessés par cet article, je ne vois qu’une chose : revoyez votre sens de l’humour 😉 Et n’oubliez pas que les vrais photographes de concert sont des râleurs !

1) Le changement d’objectif fatal

Choisir un objectif avant l’entrée d’un artiste sur scène relève parfois un peu du pari pour les photographes de concert. Certes il y a la taille de la scène, le recul disponible entre la scène et une éventuelle crash barrière, le nombre de musiciens sur scène etc. Mais on a parfois des surprises. Alors on entre avec un objectif grand angle 14-24mm pour se rendre compte que le chanteur reste en milieu de scène avec de superbes lumières sur son visage très expressif. On choisit alors de changer d’objectif pour un 85mm lumineux et idéal pour la photo de portrait. Alors pourquoi, POURQUOI, est-ce toujours à ce moment que ledit chanteur en profite pour venir se coller devant nous en bord de scène et tendre la main au public ?!! Et qu’il ne nous reste que nos yeux pour pleurer en attendant qu’il recule.

2) La batterie maudite

Absolument tous les photographes de concert que j’ai eu l’occasion de rencontrer ont une anecdote qui implique le fait de débarquer dans une salle de concert pour mieux se rendre compte qu’on n’a pas de batterie dans l’appareil photo. La vraie question étant donc : puisque c’est arrivé à tous les photographes de concert, combien de fois faudra-t-il répéter qu’il faut toujours avoir une 2ème batterie dans son sac photo ?!

Personnellement, il m’est aussi arrivé de rentrer dans le pit pour mieux me rendre compte qu’il ne me restait que 15% de batterie (et de ne pas avoir jugé bon d’en emmener une 2ème). Sachant que les appareils hybrides que j’utilise pompent la batterie trois fois plus vite qu’un reflex, il y a de quoi angoisser et se limiter à un ou deux déclenchements sur la première partie et croiser les doigts pour que la batterie tienne 3 titres sur l’artiste principal.

3) La tuile de la carte mémoire pleine

C’est un peu le corollaire de la malédiction précédente. Tous les photographes de concert ont une anecdote qui inclut le fait de s’être retrouvé avec un message « carte mémoire pleine » sur l’écran de leur appareil en plein shoot. Si les plus sérieux (ou les moins tête en l’air) se paient juste une petite frayeur et perdent 30 secondes de shoot le temps de changer de carte mémoire, les autres se retrouvent à devoir effacer des photos à la hâte et s’exposent à une possible autre malédiction : effacer par mégarde ou précipitation la seule série qu’on n’a pas encore importer sur le PC.

4) L’épreuve de l’artiste français

Certains photographes de concert ont déjà photographié les plus grands artistes du monde : les Stones, The Cure, Radiohead (ou Thom Yorke) etc, etc Et tout à coup ils s’enflamment ! Dans un moment d’égarement ils demandent une accréditation pour un artiste français qui a sorti deux albums, ou pire, un artiste français qui remplit des salles de 1000 personnes en France. Pour comprendre la malédiction qui s’apprêtent à s’abattre sur eux, voir mon article dédié aux artistes français.

Encore récemment, j’ai couvert (presque) tout le festival Les Paradis Artificiels 2018. Je n’ai rencontré de problème qu’avec Arthur H (refus d’accréditation) et Eddy de Pretto (validation préalable des photos, qui est heureusement intervenue assez vite).

Eddy de Pretto aux Paradis Artificiels

Eddy de Pretto, Les Paradis Artificiels, la Condition Publique x le Grand Mix, 15 mars 2018

5) Le fléau de l’accréditation de dernière minute

Une nouvelle règle s’est instaurée sournoisement ces dernières années pour les photographes de concert : lorsque tu demandes une accréditation, on te dira si c’est ok ou non le jour-même du concert, ou plutôt même l’après-midi du concert. Car de plus en plus souvent, c’est le manager de l’artiste qui valide la liste une fois sur le lieu du concert. Mon nouveau record en la matière est une confirmation d’accréditation pour Baxter Dury à 18h40 pour une première partie sur scène à 20h. Pour peu que le photographe qui demande le pass photo n’habite pas à proximité de la salle, il est trop tard pour arriver à temps !

6) Le cataclysme du nouveau mec de la sécu

Avec les années, les photographes de concert apprennent à connaître par coeur le mode de fonctionnement des salles qu’ils fréquentent : l’heure d’ouverture des portes, le respect ou non des horaires, la présence ou non d’une crash barrière et s’il y en a une, de quel côté doivent entrer les photographes. On finit par connaître les personnes de la sécurité auxquelles on serre la main et qu’on tutoie en bonne connivence.

Mais il y a toujours des soirs où la sécu est assurée par un petit nouveau. Et là il faut se préparer à la crise de nerfs. A mon niveau j’ai déjà eu droit à toutes ces situations : le mec refuse de te laisser rentrer dans le pit (« cette zone est réservée à la sécurité »), il n’a pas eu les consignes et ignore que tu as le droit de shooter tout le concert (et te vire au bout de 3 chansons), il refuse de te laisser rentrer dans le pit parce que tu arrives 30 secondes après les autres photographes, il attend un temps infini avant de laisser entrer les photographes de concert (et le chanteur en profite pour faire un saut de cabri qui t’aurait valu la photo de l’année).

7) La détresse des conditions photo incompréhensibles

Quand on fait de la photo de concert, on rencontre régulièrement des conditions photo pour le moins étranges (là encore les artistes français sont souvent les plus créatifs en la matière) : pas de photo de face, pas de photo de profil, pas de gros plan, gros plans autorisés mais pas de trop près, pas de photos des choristes, pas de photos au milieu du pit, pas de photos sur les côtés, le photographe doit choisir une place et ne plus en bouger, photos à faire de la console son, photos autorisées pendant 2 minutes, les photographes font ce qu’ils veulent pendant la première chanson puis doivent se séparer en 2 groupes de 4 de chaque côté de la scène, etc, etc.

Certaines de ces conditions pouvant se cumuler, on peut se retrouver avec un micmac de conditions incompréhensibles. C’est néanmoins plutôt cool quand c’est la sécurité qui se plante dans les consignes et vient te voir 30 secondes avant la fin de tes 3 chansons autorisées pour te dire « en fait tu n’as pas le droit d’être au milieu, il ne faut pas dépasser la ligne là-bas ». C’est ce qui m’est arrivé sur le dernier concert de London Grammar à Lille.

8) Le malheur de l’artiste damné

Tout photographe de concert normal a un groupe ou un artiste qu’il rêve de photographier et pour lequel il n’arrive pas à se faire accréditer. Dans mon cas il s’agit de Depeche Mode. J’ai d’abord été accrédité pour un concert à Lille qu’ils ont annulé le jour du concert. En 2017 ils sont revenus à Lille et je n’ai pas demandé d’accréditation car je me remettais à peine de problèmes de dos et ne pensais pas pouvoir endurer un shooting au téléobjectif depuis la console (conditions imposées lors du concert annulé) pour mieux me rendre compte en simple spectateur (assis) le jour J que les photographes pouvaient shooter dans les crashs. J’ai ensuite essuyé un refus d’accréditation à l’Accor Hotel Arena. On verra ce qui se passera au prochain Main Square Festival…

9) Le désastre de l’accréditation putaclic

La plupart des photographes de concert que je connais demandent essentiellement des accréditations pour des artistes qu’ils apprécient ou pour qui ils ont de la sympathie. J’ai déjà eu l’occasion d’écrire que je trouve que ça donne un supplément d’âme aux photos réalisées. Et puis de temps en temps, certains d’entre nous (dont je fais partie) demandent des pass photo pour des concerts qui comportent un fort potentiel de clics. Alors, pourquoi, pourquoi dans ces cas-là les clics tant attendus ne sont jamais au rendez-vous ?! (N’est-ce pas Marina and The Diamonds ?)

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