Dans Ta Chronique : Liima – 1982

David TLaisser un commentaire

Liima - 1982

Liima, c’est pas le Pérou

Avec deux « i », Liima signifie « colle » en finnois (ou finlandais si tu préfères). C’est en effet plutôt du côté du nord de l’Europe qu’il faut regarder quand on cherche à en savoir plus sur le groupe Liima. Formation finno-danoise, Liima est composé de Casper Clausen, Rasmus Stolberg, Mads Brauer et Tatu Rönkkö (des noms qui fleurent bon la neige et le froid), soit à peu près les membres du groupe Efterklang dernière période, puisque Tatu Rönkkö était à la batterie et aux percussions sur les tournées du groupe.

Le groupe Efterklang n’était déjà pas le dernier à expérimenter tout un tas de choses niveau son et percussions comme le montre la vidéo ci-dessous.

Car c’est bien autour des percussions que se construit le premier album de Liima, ii, paru en 2016. Un album génial qui n’a pas eu l’accueil qu’il méritait. Et pourtant, tous ceux qui ont croisé la route de ces 4 là durant la tournée promo de l’album ont pu se rendre compte de la beauté immense des compos, de leur chaleur et de leur puissance évocatrice malgré les synthés et les rythmes mécaniques. J’ai encore en mémoire le passage du groupe au Grand Mix fin 2016 et la fougue de Tatu Rönkkö tapant à grands coups de baguettes sur des cercles métalliques disposés sur une table à repasser… Et les faisant tomber par terre un à un an.

Quand Liima fâché, Liima toujours faire ainsi…

J’ai lu quelque part que 1982 était un album plus accessible que ii. Ce qui est certain c’est que 1982 est moins un exercice de style sur les percussions et plus un travail de textures. De là à le dire accessible. Certes des titres comme 1982 ou 2-Hearted fonctionnent comme de parfaits tubes pop. Mais il faut écouter des morceaux comme David Copperfield, Kirby’s Dream Land ou même Life Is Dangerous pour réaliser le travail fou réalisé sur cet album.

Sur David Copperfield, un morceau de presque 7 minutes, il faut attendre plus de 4 minutes pour entendre la voix (si parfaite) de Casper Clausen. Ces 4 min sont mises à profit pour dessiner un paysage, créer une ambiance, déjà raconter une histoire. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’histoire est loin d’être un conte de fée. Car si 1982 rend manifestement hommage à cette année, ou cette période, on n’est jamais dans une ambiance I just can’t get enough. Ou alors l’histoire est une dystopie, un featuring de Depeche Mode dans un épisode de Black Mirror. Il y a toujours quelque chose de dérangeant, d’inquiétant qui plane sur cet album.

Alors ce dimanche 28 janvier 2018, quand on ira à l’Hospice d’Havré pour ce formidable concert organisé par le Grand Mix (tu viens hein ? En plus c’est gratuit si tu es abonné ou que tu prends ton abonnement), on fermera tous les yeux et on se déhanchera langoureusement les bras en l’air, notre pinte à la main, pour mieux rouvrir les yeux et froncer un sourcil interloqué en entendant Casper Clausen nous parler masturbation. C’est aussi ça Liima.

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