Kent @ Sjöhistoriska museet, Stockholm

David TconcertsLaisser un commentaire

Il y a quelques semaines, j’ai déclaré en forme de plaisanterie : « Le jour où j’aurai photographié Pearl Jam, Kent et Depeche Mode, j’arrête la photo de concert ». Et me voici désormais arrivé à 2 groupes shootés sur les 3. Alors qu’un nouvel album de Depeche Mode s’annonce pour 2013…

Au moment où je me lance comme défi de demander une accrédition pour le concert de Kent au Sjöhistoriska museet de Stockholm, je ne crois pas une seule seconde avoir une chance d’obtenir le précieux sésame. Mine de rien, les Kent ne sont peut-être pas connus en France, mais en Suède, c’est LE groupe. Une référence depuis plus de 15 ans et une dizaine d’albums comme autant de succès critiques et publics en Scandinavie.

Kent, présentation de ce groupe suédois pour ceux qui ne connaitraient pas

A la fin des années 90, le groupe décide de traduire ses albums du suédois vers l’anglais afin de tenter une carrière internationale. C’est ainsi que les LP « Isola » et « Hagnesta Hill » arrivent chez nous en anglais. On peut voir les clips du groupe sur VH1 ou MTV, et le groupe se produira sur le plateau (très relevé à l’époque) de l’émission Nulle Part Ailleurs sur Canal+. C’est comme ça que je découvre Kent. Avant d’aller assister à un de leurs concerts en 2000 au Trabendo à Paris. Puis je tombe par hasard, à l’époque sur Napster, sur les versions suédoises encore meilleures de ces deux albums. Ainsi que leurs deux prédécesseurs, Kent et Verkligen.

En 2002 sort l’album « Vapen och Ammunition« , album mineur dans la discographie du groupe, mais qui permet au groupe d’assumer ses velléités d’incorporer de l’électronique au milieu des guitares (le groupe se reconnaissant fan de Depeche Mode notamment). C’est aussi l’époque où le groupe, usé par des tournées américaines assez décevantes, décide de se recentrer sur une carrière 100% scandinave et de ne plus traduire ses morceaux. Pour voir Kent, il faudra désormais faire le déplacement, et pour comprendre leur univers, se mettre au suédois (ou à défaut, à chercher les traductions). Pour l’un et/ou pour l’autre, ce que je ferai à chaque sortie d’un nouvel album, en compagnie d’une poignée d’amis italiens.

Suivra l’album Du Och Jag Döden, qui alterne le très bon et le moins bon, toujours très tourné vers les années 80 avec des sonorités que ne renieraient pas The Cure ou New Order. Mais le vrai virage électronique du groupe se fera avec les deux albums suivants : Tillbaka Till Samtiden et Röd. Avec le départ de leur 2ème guitariste, Harri Manty, le groupe en profite pour mettre un peu en sourdine les guitares et pour sortir tous claviers dehors. Si Isola et Hagnesta Hill étaient les deux grands albums de leur période rock, Tillbaka et Röd sont clairement ceux de leur période électronique. A titre perso, je crois même que Röd s’affirme au fil des années comme leur chef d’oeuvre, même si l’attachement et les souvenirs liés à la période rock m’empêchent d’assumer complètement cet avis.

En 2012 sort Jag Är Inte Rädd För Mörkret, album d’une étonnante cohérence, sans réel single, de prime abord très simple alors que rempli de complexité en réalité. Il fait suite à En Plats i Solen (une place au soleil), un album conceptuel, enregistré et sorti à la va vite, plein d’expérimentations pas vraiment abouties qui en font (peut-être) ce que le groupe voulait en faire, à savoir un album de plage ou d’été. Une forme d’amertume avait suivi la sortie de ce disque pas vraiment abouti, et l’enthousiasme pour Jag Är Inte Rädd För Mörkret n’en a alors été que plus grand pour mes amis et moi. C’était donc décidé : nous retournions en Suède pour voir Kent en live, dans le très beau parc du Sjöhistoriska museet de Stockholm.

Kent en live dans les jardins du Sjöhistoriska museet de Stockholm

Et moi, un peu comme une blague, un peu comme un rêve, j’ai décidé de demander une accréditation sans trop y croire. Je savais que le parcours était semé d’embuches et que le résultat final serait sans doute un bon gros non. J’ai commencé par contacter le webmaster du site officiel pour tenter d’obtenir un contact, puis différentes personnes de la maison de disques du groupe. Au fil des réponses des uns et des autres, ou encore des messages automatiques d’absence du bureau (eh oui, c’était les vacances aussi en Suède) qui donnaient un nouveau contact, j’ai progressé sur le chemin qui me rapprochait de Kent. Nouveau contact à la maison de disques, puis contact chez le tourneur. Et puis un jour, les réponses ont convergé vers une seule personne. Ce devait être la bonne. Je lui ai écrit, et puis j’ai attendu, longtemps. Comme je le craignais, aucune réponse n’est venue. Une nuit, j’ai rêvé que j’écrivais de nouveau à cette personne, et qu’elle me répondait immédiatement pour me dire que c’était d’accord pour l’accréditation. En me levant, un peu incrédule, j’ai envoyé un nouveau message. Et 5 minutes plus tard, le miracle : une réponse positive. « Je peux vous aider à avoir un pass photo. Vous êtes sur la liste des photographes. » Enorme ! ENORME !

Quant au concert, qu’en dire ? Je déteste le terme « fan » lorsqu’on parle de musique. Je ne me considère pas comme un fan de Kent. J’espère être capable de reconnaître un mauvais album de Kent ou un mauvais concert. Mais quand on vient de France pour voir un groupe à Stockholm, qu’on organise ses vacances autour du concert, qu’on retrouve certains de ses meilleurs amis pour l’occasion, difficile de porter un regard totalement objectif sur un concert. Le son était sans doute un peu écrasé, avec trop de basses. Mais c’est malheureusement le lot de la plupart des concerts en plein air. La setlist était énorme, allant puiser dans des vieux morceaux pour les remettre à la sauce électronisante, mixant les morceaux les uns avec les autres. Je garde en mémoire également le tout début du concert, quand, au milieu d’une énorme toile destinée à cacher la scène au public, ne s’ouvre qu’une toute petite partie, laissant apparaître le groupe dans une sorte de petit garage, éclairés à la lumière de 2 ou 3 néons, et entouré de portraits épinglés aux murs du garage. Le feu d’artifice à la fin du concert était peut-être un peu « artificiel », par contre je me souviendrai longtemps du magnifique arc-en-ciel allié au coucher de soleil, juste après l’énorme orage qui s’est abattu à l’ouverture des portes du jardin du Sjöhistoriska museet. Je me souviendrai aussi de mes chaussures en toile qui n’auront pas survécu à la boue, des jeans de mes amis et moi, jeans que nous aurons porté toute la journée du lendemain, raidis par la boue, jusque dans l’avion qui devait ensuite nous emmener en Italie… Et bien sûr, je me souviendrai longtemps d’avoir fait cette série de photos d’un de mes groupes favoris depuis plus de 15 ans.

Voir les photos de Kent @ Sjöhistoriska museet

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