Dans Ton Concert, pour une autre approche de la photo de concert

David TréflexionLaisser un commentaire


Petite remise en perspective

Si tu suis un peu la vie de ce site, tu auras remarqué que je ne suis plus très actif ces derniers temps. Et pour cause, depuis début 2017 j’ai des petits problèmes de dos. Et quand on couvre des concerts en restant debout plusieurs heures, avec du matériel photo autour du cou qui pèse son poids, avoir mal au dos n’est pas vraiment compatible. Cela explique pourquoi, alors que le premier tiers de l’année est presque atteint, je n’ai couvert que 3 ou 4 concerts, ce que j’ai parfois eu l’occasion par le passé de faire en une semaine.

Ce break forcé loin des crash barrières m’a au moins donné un peu de temps pour réfléchir. Car en vérité cela faisait de nombreux mois que je m’interrogeais de plus en plus sur ma pratique de la photo de concert. Depuis quelques temps, j’avais un peu l’impression de ne plus m’éclater à faire ce type de photos. Je me sentais plus ou moins en pilote automatique. Je demandais des accréditations sans vraiment savoir pourquoi. Je n’étais jamais vraiment satisfait du résultat de mes photos, j’avais même le sentiment de toujours rater le cliché qu’il ne fallait pas rater, et de toujours faire un peu exactement les mêmes photos. Peu à peu, tout ceci a cessé d’être un jeu excitant pour presque devenir une corvée. Et je ne compte plus les photos réalisées et jamais publiées sur ce site, ce qui m’amenait à dire « à quoi bon ? »

Ce sentiment de vacuité s’était aussi révélé plus clairement après un séjour à Stockholm au mois de décembre dernier où j’ai pu photographier deux des trois derniers concerts (dont le tout dernier) avant la séparation annoncée d’un groupe suédois dont je suis un fan absolu depuis l’adolescence : Kent. Un groupe majeur en Suède et pour moi donc. Et le fait de me retrouver dans le pit d’une gigantesque salle (le stade de Stockholm transformé en arena couverte) avec une dizaine de photographes triés sur le volet m’a fait ressentir la différence entre faire de la photo de concert avec passion et en faire comme un robot.

Et puis, il y a des choses qui me gonflent de plus en plus dans la pratique de la photo de concert :

  • il faut toujours publier ses photos plus vite. Il n’y a pas si longtemps, partager ses photos d’un concert dans les 3 jours qui suivaient était faire preuve de réactivité. Aujourd’hui si tu ne publies pas dans les 12 à 24h, tu as l’impression que tes photos n’intéressent plus personne, que tout le monde est déjà passé à autre chose. Je vois aujourd’hui de plus en plus de photographes de concert publier une poignée de photos sur l’événement Facebook du concert dans l’heure qui suit la fin de celui-ci, voire même avant la fin. Certains font cela avec beaucoup de talent. Mais en conséquence, j’ai l’impression que le grand public ne s’intéresse plus qu’à ces photos, et que les publications des webzines (albums photos, live reports) sont de moins en moins vus et lus.
  • Les premières parties sont de plus en plus négligées par les photographes. En réalité elles sont de plus en plus négligées par tout le monde, du public aux organisateurs de concerts. Mais sans parler des photographes qui déboulent dans le pit 5 minutes avant la tête d’affiche et repartent au bout de 3 morceaux, je suis le premier à me speeder pour sortir les photos du concert de l’artiste de la soirée, et à laisser traîner les photos de la première partie sur un coin de carte SD ou de disque dur afin de les traiter « plus tard ». Hors, ce sont les premières parties qui ont le plus besoin de promo et de communication sur leurs performances scéniques.
  • Les accréditations et leurs critères d’attribution. Des mecs qui publient des photos pourries sur une page Facebook (et n’en font rien d’autre) sont de plus en plus légion dans les pits. Au point qu’il n’est plus rare de voir de bons photographes annoncer qu’ils n’ont pas eu de pass photo pour un concert ou un festival alors qu’on retrouve dans le pit des types à qui on devrait carrément interdire de toucher un appareil photo.
  • Google et le référencement. Ca, ce n’est pas spécifique à la photo de concerts, depuis que le web est web et que les moteurs de recherche existent, référencer des images est une vraie galère. Mais depuis quelques temps, Google a décidé que la vitesse d’affichage d’un site était un critère prépondérant pour son bon référencement. De ce fait, on est incité de partout à compresser sans cesse plus les images pour gagner en vitesse de chargement. Et ce qui est une plaie sur Facebook, avec des niveaux de compression tellement énormes qu’ils dénaturent certaines photos, se répand à présent sur les sites : on y publie des photos plus petites, très compressées, sans intérêt. On pourrait critiquer à loisir Google sur d’autres aspects (Google Images par exemple ?), mais en gros on subit sans cesse un peu plus la dictature des GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon).

Sur ce dernier point, je regrette amèrement ma décision de renommer ce site il y a 2 ans, pour des raisons qui étaient finalement dictées par la recherche d’un meilleur référencement, même si je m’en défendais à l’époque.

Aujourd’hui il est grand temps pour moi de réagir. C’est ça ou finir par arrêter la photo de concert.

Voici donc quelques engagements que je prends avant tout envers moi-même, mais dont vous pourrez constater les effets sur ce site dans les jours et les semaines à venir.

Dans Ton Concert, un ultime changement de nom

Promis ce sera la dernière fois ! 😉 Au-delà de la blague de potache sur l’acronyme DTC, DT ce sont aussi mes initiales. DTC, c’est donc à la fois « dans ton concert » et « David Tabary’s Concerts photos » ou un truc du genre. C’est facile à retenir et ce sera donc ma marque personnelle à présent, pour le meilleur et pour le pire.

Couvrir moins de concerts mais mieux

Couvrir moins de concerts me permettra d’abord de ménager mes vieilles vertèbres 🙂 Mais enchaîner 2 à 4 concerts par semaine comme j’ai pu le faire est le meilleur moyen de n’avoir jamais le temps de traiter les photos, de les publier et de rendre compte des concerts concernés. En enchaînant les concerts de manière moins frénétique, j’espère avoir plus temps pour mieux traiter les soirées, les artistes et les salles.

Prendre le temps de raconter des histoires

Prendre le temps donc. Et raconter des histoires : l’histoire d’un groupe, d’un concert ou d’une photo. Même 2 ans après le concert ou la photo. On s’en fout. Loin du compte rendu d’un concert récent (ce que je continuerai à faire de temps en temps chez les copains d’indiemusic ou de Visual Music). Ici le texte viendra valoriser l’image et inversement. Le but étant de partager des souvenirs et des émotions. Je le ferai quand j’en aurai envie. Tous les 3 mois si ça me chante. Mais je le ferai bien.

Au passage je me dis que le meilleur moyen de bien référencer des photos de concerts est de bien parler et écrire sur les concerts, sans se soucier le moins du monde de ce qu’en pensera Google.

Valoriser les premières parties et les groupes émergents

Ca fait quelques années que j’ai en tête un concept de webzine hyperlocal qui valoriserait la scène du coin en proposant des contenus originaux. Mais j’ai aussi tout à fait conscience de ne pas avoir le temps pour me lancer dans une aventure de si grande ampleur. Par contre, je tiens vraiment à valoriser les premières parties à leur juste niveau, en particulier pour les groupes locaux émergents, chaque fois que j’aurai un coup de coeur pour l’une d’entre elles.

Allez, y a plus qu’à 🙂

 

 

 

 

 

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