Que reste-t-il du concert de Intergalactic Lovers à l’Aéronef ?

David TLaisser un commentaire

Intergalactic Lovers

J’inaugure aujourd’hui une nouvelle rubrique de blog intitulée « que reste-t-il ? » et destinée à revenir à froid sur un concert ou un festival de musique, au moins 15 jours après (mais pourquoi pas un an après) pour voir ce qu’il m’en est resté au fil du temps. On commence cette rubrique avec un retour sur le concert des Belges de Intergalactic Lovers à l’Aéronef le 13 février 2018.

Ce que je retiens tout d’abord, c’est la superbe première partie assurée par Surma. Venue du Portugal, la tâche n’était pas gagnée d’avance pour Surma avec sa musique et sa voix planantes, pas forcément hyper adaptées à un début de soirée. J’ai trouvé l’entrée dans son univers compliquée, et le début de son set un peu chiant, pour parler sans détour. Et pourtant, peu à peu, Surma a conquis le public. Il y a un truc qui ne trompe pas : c’est quand le public est très bruyant, plutôt du côté du bar, et qu’il se tait au fil des morceaux. C’est quand elle a commencé à sortir une guitare puis une basse, et a mis plus d’énergie dans son set que Surma a tout emporté sur son passage. Un peu comme le ressac sur les rochers (des côtes portugaises ?), c’est à l’usure, l’air de rien, que Surma aura gagné nos coeurs. Bravo à elle !

Ensuite, ce que je retiens en premier lieu du set de Intergalactic Lovers, c’est l’énergie et la gentillesse de la chanteuse Lara Chedraoui. Ne tenant pas en place, elle esquisse sans arrêt des pas de danse, mime les paroles des chansons, tend ses bras au public ou essaie de capter l’attention du bassiste. D’origine flamande, elle fait l’effort de parler en français au public. Ce qui n’a pas semblé plaire à un Belge derrière moi qui réclame rapidement qu’elle parle flamand. Lara lui répondra d’un petit haussement d’épaule et d’une grimace gênés montrant qu’elle ne sait pas trop sur quel pied danser de ce point de vue. Elle ne tardera pas à poser ouvertement la question : « qui est français dans la salle ? Qui vient de Belgique ? » avec une réponse du public montrant qu’on est clairement sur du 50-50 (peut-être 51-49 à l’avantage des Français), le bassiste Raf De Mey précisant qu’une partie de sa famille est française et qu’il compte donc dans les Français. A partir de là, Lara Chedraoui pendra soin d’avoir des mots en français et en flamand.

Musicalement, j’ai trouvé que Intergalactic Lovers n’avait certes rien de bien innovant mais que les compositions étaient d’une efficacité redoutable. Tous ces titres pop-rock fonctionnent comme une horlogerie de précision et le public réagit au quart de tour, ce qui est toujours bon signe. Les quatre musiciens totalement effacés derrière Lara Chedraoui sont hyper appliqués et le sentiment que j’avais eu (à l’écoute de l’album Exhale) de lien de parenté avec un groupe belge disparu comme Mud Flow s’est confirmé sur scène.

Simple et basique (comme dirait Orelsan), mais honnête, chaleureux et efficace, c’est ce que je retiendrai avant tout de ce beau concert de Intergalactic Lovers à l’Aéronef.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.