5 vérités inavouables sur les demandes d’accréditation pour les concerts

David T3 commentaires

Mat Bastard © David Tabary

Tu viens de préparer ta plus belle demande d’accréditation. Tu as écrit un mail court, percutant, argumenté pour expliquer à ton interlocuteur pourquoi il devrait t’accorder le précieux sésame. Et tu viens de cliquer sur « envoyer ».

Mais t’es-tu déjà demandé ce qu’il se passe ensuite ? A part une éventuelle réponse positive bien sûr.

1. Personne ne va regarder ton site

Tu as glissé un lien dans ton e-mail vers ton blog, ton portfolio ou ton webzine pour que ton interlocuteur puisse se faire une idée de la qualité de ton travail ? Sache que dans 99% des cas, ton lien ne sera pas cliqué.

2. Personne ne regardera tes photos

Bon, si personne ne va voir ton site, tu te dis que tu as mis une ou deux photos dont tu es fier en pièce jointe. Et là franchement, c’est facile, pas besoin d’ouvrir un navigateur, ton interlocuteur va au moins regarder tes photos avant de prendre une décision sur ta demande d’accréditation.

Mais en fait non, ça n’arrive jamais non plus.

Alors là tu vas te dire « Mais qu’est-ce qu’il en sait d’abord ?! » Je le sais parce que j’ai l’habitude de tracker mes demandes d’accréditation envoyée à des interlocuteurs inconnus ou que je juge « non-fiables » (qui ne me répondent pas une fois sur deux). Des outils comme Mailtrack ou Bananatag qui t’envoient une notif lorsque le mail que tu as envoyé est ouvert, qu’un lien est cliqué ou qu’une pièce jointe est ouverte.

3. Tu ne sauras jamais la raison d’un refus (ou d’un accord) d’accréditation

Quand c’est ok, on s’en fout un peut de savoir ce qui nous a fallu d’obtenir une accréditation. Mais quand c’est un refus, tu es sûr que tu ne sauras jamais pourquoi. La vérité c’est qu’il n’y a jamais de raison logique ou acceptable d’obtenir un pass photo ou de se le voir refuser.

Il ne s’agit jamais d’un jugement sur la qualité de ton travail puisque personne ne regardera jamais ton travail avant te dire oui ou non. Dans certains cas, c’est juste que tu as passé ta demande trop tard. Et ce serait presque le cas le plus intelligible : premier arrivé, premier servi. Dans un pit qui peut accueillir 8 à 12 photographes, si 20 d’entre eux envoient une demande d’accréditation, pourquoi ne pas accepter les 12 premiers à avoir envoyé un mail ?

Mais dans la plupart des cas tu auras juste le sentiment qu’il y a eu loterie, tirage au sort, copinage, ou encore que c’est la taille de ta page Facebook qui a emporté la décision.

Et tu te retrouves à rester à la maison, et à voir apparaître des photos dégueulasses dans l’event Facebook du concert, totalement dévalorisantes pour l’artiste, la salle, et tous les organisateurs du concert. Il te restera juste à hurler « POURQUOI ?!!!! » vers le plafond de ton salon.

4. L’artiste ne verra jamais tes photos du concert

Pour peu que tu aies eu ton accréditation, tu publies tes photos sur Facebook et tu reçois un like de l’artiste, voire un share! Tu exultes face à cette cooptation artistique ! Calme-toi ! Dans un monde fait de community managers stagiaires, c’est un post-ado geek qui espère faire carrière dans l’industrie musicale qui vient de liker ton post.

Pour peu que tu aies shooté un artiste français pour lequel une validation préalable des photos est nécessaire, tu as pu aussi raisonnablement penser que le chanteur a validé lui-même tes meilleures photos. Mais là encore, c’est une attachée de presse qui pense vaguement savoir ce que veut ou ne veut pas l’artiste qui a décidé de la valeur artistique de ton boulot.

5. Personne n’ira voir ton travail a posteriori

Le manager du groupe ou la chargée de com du label t’a fait promettre d’envoyer le lien vers ton article ou tes photos une fois publiés ? Là encore je suis au regret de te dire que ton lien ne sera jamais cliqué. Là encore merci aux trackers !

En conclusion

Je tiens à remercier ici les personnes avec qui je travaille (presque) au quotidien, qui me font confiance, et qui me font un retour régulier sur mes photos ou mes textes sans besoin que je tracke quoi que ce soit. Qu’ils en soient remerciés, ils prouvent que tout ce qui précède n’est pas vrai dans 100% des cas et qu’il y a encore de l’espoir ! 🙂

Photo d’illustration : Mat Bastard @ l’Aéronef, 7 déc. 2017

3 commentaires sur “5 vérités inavouables sur les demandes d’accréditation pour les concerts”

  1. Grosse grosse somme de clichés (le comble pour un photographe) et de frustration véhiculés par cet « article ». Un gros festival reçoit des centaines de demandes, clique sur les liens, voit si le compte flickr ou instagram proposé entre dans la ligne du festival , analyse la complémentarité des propositions (20 mêmes projets de frontstage ne sont pas intéressants pour la com’ d’un festival) et demande l’objet global du reportage. Quand il reçoit une réponse (ce qui est rare…) le responsable com’ entre le dossier du photographe dans un tableur avec la quarantaine de dossiers pré-sélectionnées et ceux-ci sont soumis à un comité de sélection de tout le département com’ (donc une dizaine de personnes).

    Ensuite seulement, l’envoi du « oui » ou « non » intervient. Donc point de copinage, de tri par « premier arrivé, premier servi (quelle horreur) » ou de critère non-logique (quand un photographe n’est pas dans la ligne, on lui dit, il le prend mal et en général on se fait insulter…) donc rien ne sert d’être rageux par principe. Parfois, quand on en a 20 à sélectionner, c’est juste (comme son nom l’indique) une question de sélection qui ne manque pas (forcément) de respect aux photographes candidats.

    Bonne continuation

    Le Responsable Com d’un festival cool qui aime ses photographes <3

    1. Salut Billy ! Mais encore heureux qu’il reste des salles, des prods, des festoches comme le tien, qui font les choses bien et ont une vision de la com et de ce que peut apporter une photo, un article, etc. Mon post comporte volontairement une bonne part de cynisme, et l’exercice passe fatalement par une généralisation. Néanmoins ce que je décris là se passe de plus en plus souvent et représente à mon sens le cas le plus fréquent aujourd’hui.

      Au quotidien je m’estime heureux, je ne travaille pour aucun gros support et j’essuie des refus peut-être 2 ou 3 fois dans l’année quand je couvre 30 à 50 dates par an.

      Et je veux bien croire que tu te fasses insulter même en faisant bien les choses. Je ne suis pas le dernier à me moquer des photographes de concerts qui ont tout vu, tout fait, le monde entier contre eux alors qu’ils ont toujours raison : https://www.danstonconcert.com/9-preuves-vrai-bon-photographe-de-concert/ 😉

      Bonne continuation à toi aussi et longue vie à ton festival !

  2. Oula. Monde cruel. Je ne savais pas tout ca (je ne suis pas photographe) et ca ne m’étonne qu’à moitié.

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